L’Épistoléro fait une lettre “A ceux qui ne croient plus voir s’accomplir leur idéal” que vous lirez peut-être,

          «À ceux qui ne croient plus voir s’accomplir leur idéal»,

        C’est un petit pas dans l’urne, un premier pas pour l’humanisme.
Finissons-en en chansons :
Je me souviens de la chanson Portugal de Georges Moustaki. Oublions «Les cicatrices d’un 21 avril» 2002, souhaitons qu’une rose rouge fleurisse en Hollande et rêvons d’«une flamme Qui éclaire l’avenir»
«Et cette fleur nouvelle Qui fleurit en Hollande C’est peut-être la fin D’un empire colonial» de la pensée d’extrême-droite.

Toutefois, le nouveau gouvernement saura-t-il répondre à cette lettre d’un jeune professeur ?
(À lire sur l’air du Déserteur de Boris Vian.)

«Madame La Ministre de l’Éducation,

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si jamais il vous nomme. L’ École a peut-être besoin d’une maîtresse-femme (après tout c’est un métier très féminisé et jamais, dans cette Vème République il n’y eut de Madame La Ministre).
Je viens de recevoir mes papiers de fonctionerfs pour partir au scolaire. C’est pas pour vous fâcher, il faut que je vous dise ma décision est prise : je m’en vais déserter. Depuis que je suis nommé, j’ai vu pleurer mes pairs, je les ai vus amers, les autres s’isolent dedans leur monde. Après mon service liminaire, je ne veux pas me retrouver sur les routes de France, de Bretagne en Provence, à dire aux gens de ne pas se laisser faire, de refuser de blêmir. Je laisse volontiers ma place dans ce bazarde-élèves où l’atroce a remplacé la trousse et où on veut la peau de la paix scolaire.
Si vous me poursuivez prévenez vos hommes que j’aurai bien de l’encre et que je sais l’utiliser.

P.S : En tout cas, si vous pouviez avoir vos enfants dans le Public, ce serait déjà bien…»

Après cette élection, n’acceptons pas le réalisme qu’on se colt’in. Il a été dit fort justement que le réalisme, c’est la conscience des salauds.
Moi, fort de la corde sensible de mon lasso, j’ai la conscience du gaucho.

La boucle du lasso est donc bouclée.

N’abusons pas des bonnes choses.

I’m a poor lonesome cowblog-boy…

Pour le reste la vie suit son cours (et ce jusqu’en Grèce !) et si possible sans bavarder, merci.


L’Épistolero aux Cartouches vidées d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre au Bon, à la Brute et au Truand que vous lirez peut-être

                 Au Bon, à la Brute et au Truand,

     Mon avant-dernière lettre vous est adressée.

Le Western éducatif se divise en deux catégories :

- Ceux qui ont des cartouches d’encre chargées pour la défense du Service Public d’Éducation,

- Ceux qui  creusent la tombe de ce même Service Public.

Le clivage est là. Visible en un Clint d’œil.
Je ne cherche pas les honneurs ou les palmes académiques. Je ne veux pas qu’on me tire son chapeau : le mien, je le garde, vissé entre mes deux oreilles.
Croyez pas que je joue avec le réel. Le réel, je me le Colt’in.
J’ai mes failles, mes zones d’Hombre. Pour me les faire oublier, au cours de la campagne présidentielle et au fil d’une cinquantaine de lettres j‘ai explosé ma vision du monde dont le nombril est l’Éducation, nombril de l’origine du monde de demain.
Sur la scène pédagogique, comme sur la selle, je monte sur mes grands chevaux sauvages qui ont la force de 100 Pur Sang. Je n’ai pas de portable. Quand j’y suis contraint, je suis plutôt adepte du Blueberry.
Je ne suis pas un cowboy de laboratoire. Je ne tiens pas à paresser comme un gros chat à faire de gros miaous pour avoir mon plein de croquettes et de powerpoint. J’ai ma fierté alors je  joue à Davy Crockett à Fort Alamo. Oui, plutôt Whiskey que Whiskas. Je n’ai pas besoin (et pas envie) de travailler plus Pour quelques dollars de plus. Ce qui me plaît c’est la Chevauchée Fantastique de John Ford, pas le Pisa-laid du côté des fjords scandinaves. Je ne cherche pas les grands esprits gris mais les grands espaces verts.
Vive ma République de Saloon, où mon cœur est battant comme une porte d’entrée. Et dans les rues tout autour on chante : “Tumble la chemise, tumble la… !”
Pour garder la foi, je crois au café qui arrache, pas à l’indien qui attache. J’ai de la tendresse pour les apaches des quartiers. Notamment parce qu’ils me font oublier la Cavalerie pédagogique : ses ordres à rebours et ses signaux d’enfumage, et, après son passage, les traces de son sabotage dans notre vallée de larmes. Mon rodéo à moi, c’est le Thoreau par les cornes.
Je ne suis pas un héros sur le retour dont le nom serait Personne. Bien qu’un peu cabot, j’ai le haro sûr. Je suis un héros adrénalinisé qui avance, avec, sous le capot, des CV sans faute ! Sans faute, comme un vote. Le face à face qui devient El dos à dos. Sans aller jusqu’à cultiver le souci, il faudra ensuite faire pousser les fleurs de méninges, chères à Moustaki.

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.


L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre à Ceux qui passent le Brevet du 6 mai que vous lirez peut-être

                     Aux électeurs qui passent le Brevet le 6 mai,

L’usage des calculatrices et des dictionnaires est interdit. Seul le bulletin de vote est autorisé.

Le sujet proposé est l’intégralité du débat Hollande-Sarkozy diffusé mercredi 2 mai de 21h à 23h50.

Partie 1 : Un débat de candidats        (    / 10 %)

1° Lors du débat combien y avait-il de candidats ? Caractérisez-les sans employer de métaphores animales injurieuses.
Sarkozy se présente en tendre Agneau ; Hollande se présente en Élephant pugnace.

2° a) Combien y avait-il de journalistes ? Quels membres intellectuels ont-ils remués ? Prouvez-le au pire en vous appuyant sur des borborygmes pertinents.
Il y avait deux journalistes. Ils ont remué leurs stylos et leurs notes et grommelé «Bien !» et «Nous avons beaucoup de retard».
b) Soulignez l’objectivité de la table en vous appuyant sur ses dimensions et sur l’emplacement de ses coins.
La table était de taille à supporter le débat et comportait beaucoup de coins (à gauche, à droite, au centre, aux extrémités…). Elle a été très objective, même si elle a fini par pencher du côté de François Hollande.

3° «Berlusconi est Berlusconiesque» : Expliquez la formation du mot souligné sans révéler d’histoires salaces.
L’adjectif est formé du radical de droite Berlusconi et du suffixe -esque (et non pas de bunga-bunga).

4° Pourquoi Nicolas Sarkozy ne veut-il pas être l’élève de François Hollande ?
C’est une référence culturelle au duel de 1981 Giscard/Mitterrand. La répartie est plus adaptée à la situation qu’ «Ich bin ein Berliner». Étant donné que Nicolas Sarkozy a supprimé 60 000 postes dans l’E.N, c’est en réalité une formule très péjorative : un élève, c’est un esprit abandonné dans une forêt de compétences et une classe surchargée.

5° À que moment du débat est apparue une reductio ad Hitlerum (Point Godwin) ? Qui l’a faite ? Dans quelle intention ?
Dès le début Nicolas Sarkozy s’est indigné qu’un candidat socialiste, Axel Kahn, ait comparé le rassemblement de l’UMP du 1er mai «au congrès de Nuremberg». Il a ensuite aussi parlé d’Hitler. L’intention était de dénoncer des outrances verbales dont il n’a, lui, jamais été coutumier…

Partie 2 : L’offensif et L’offensant    (    / 45%)

6° Avec quelle expression péjorative Nicolas Sarkozy a-t-il désigné François Hollande ? Indiquez ensuite son antonyme. Dans quelle autre expression péjorative le même adjectif revient-il ?
Il l’a traité de «petit calomniateur». Antonyme : Grand Oracle ou ‘Bien Dit !’. L’autre désignation s’apparente à une métonymie : «petit costume».

7° «Je le connaissais bien moins que vous». Dans cette phrase indiquez quelles sont les trois initiales qui, malgré la presse à scandale, se cachent derrière le pronom personnel souligné. Dans quelle allusion de la même eau que celle de la salle de bains du Sofitel peut-on le retrouver ?
Le pronom «le» désigne DSK. Nicolas Sarkozy, s’adressant à François Hollande, affirme : «Vous devez bien le connaître» ?

8° Lors de ce débat nous avons appris que Nicolas Sarkozy connaissait Ponce Pilate. Indiquez donc quel préfet il n’a pas nommé.
Tous les préfets de la Rome antique, à l’exception donc de Ponce Pilate.

9° Relevez le champ lexical des grands hôtels dans le discours de l’un et de l’autre.
Hôtel Bristol, Sofitel, Carlton, valises, FMI, Bétencourt, Diallo, Donateurs, DSK, Chef de Parti,…

10° De quelle manière Nicolas Sarkozy a-t-il conforté son statut d’esprit cultivé, d’homme de Lettres ?
Il a démontré qu’il savait lire en brandissant une lettre puis en allant jusqu’à en lire un passage en suivant la phrase du doigt.

11° En quoi l’expression «le fil à couper le beurre» est implicitement injurieuse ? Quelle est la figure style employée ?
Le fil à couper le beurre sert à couper des fromages mous. Or, «mou» est un adjectif employé pour railler le candidat socialiste ; sans parler du fromage de Hollande. Il s’agit donc d’un jeu de mots, recensé par l’almanach Vermot dans son édition de 1889.

12° Relevez le champ lexical du FN dans le discours de Nicolas Sarkozy.
musulmans, religion, islam, nationalité, identitaire, communautaire, vote des étrangers…

13° En vous appuyant sur vos réponses précédentes, indiquez qui a tenté d’abaisser le niveau du débat.
Nicolas Sarkozy a essayé de personnaliser le débat, de draguer l’électorat FN et de remuer les affaires sordides. Un manque de hauteur, un manque de recul qui ont pesé sur les échanges.

Partie 3 : L’approche du 6 mai    (    / 45%)

14° Quelle anaphore a été utilisée par François Hollande ? Quelle antithèse introduit cette anaphore ? Pourquoi est-ce devenu le passage le plus célèbre du débat.
L’anaphore est «Moi, président de la République». Cette anaphore est introduite par l’antithèse : «un président qui ne veut pas être Président de tout, chef de tout et, en définitive, responsable de rien.»Ce passage est remarquable par la stature présidentielle que cela a dessinée soudain pour le candidat Hollande.

15° «Ne confondez pas votre personne avec la France» Quel est le mode employé ? Quelle est la forme de la phrase ? En quoi cette formule engage à voter pour François Hollande ?
Il s’agit du mode impératif et de la forme négative. Elle nous engage parce qu’il est impératif de voter Hollande et que le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut négatif.

16° Sachant que chaque candidat a parlé 72 mn 17, indiquez qui obtiendra 72%, qui obtiendra les 17% restants ? (N.B : le vote blanc n’est pas pris en compte)
D’après des calculs suisses et belges il semblerait que François Hollande dépassera très largement les 17% !

17° En quoi les horaires de piscine pèsent-ils sur l’avenir de la France ?
Tout dépend de qui se retrouvera en slip le 7 mai au matin.

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.

L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre à sa sortie de Scène que vous lirez peut-être

                          À ma sortie de scène

           La bouche d’urne du 6 mai est comme une bouche d’ombre. Elle attend ; je m’approche. L’imminence du ‘A voté !» pèse comme une menace. A voté et A gonie. La Dame aux clefs qui ouvrira l’urne sèchera ma dernière goutte d’encre. Mon bulletin de vote sera comme un buvard goulu qui éponge jusqu’à plus soif. C’est à 300 m de l’iceberg qu’on vit du Titanic se dessiner le sort fatal, je sais déjà que mon destin se situera, le 6 mai, à 800 mots du rivage de ma dernière page. Moi, j’aurai choisi de jeter l’encre de mon plein gré. Plutôt Yes We Canne que No canots de sauvetage. Sous mes airs de Traitement de Textes, un côté Waterman à l’ancienne.

Si je stoppe les machines en plein Mai c’est pour garder la ligne, la dernière ligne. La ligne d’horizon, celle au bout de laquelle on disparait, comme ça d’un trait. La ligne parfaite d’une Pfffuit d’encre. Crépuscul’air de rien. Le dernier point de la dernière phrase sera comme un joli grain de beauté et ce rideau refermé comme le tissu de mes songes.

Pour l’instant la Chronique rend accroc. 60 lettres depuis début janvier 2012. Cartouche à tout. L’actualité rend fou, la campagne présidentielle plus encore. La Lettre devient espace de résonance : c’est l’écho-tidien. À ce rythme, sûr que finiraient par venir la redite, la facilité, la complaisance dans cette réverbération électronique, effrénée et fatalement narcissique. Heureusement la vie fait bien les choses et y’a toujours un chien pour pisser sur ce qui réverbère. Le jet d’urine fait cours-jus dans le jet d’encre et ce qui réverbère s’éteint.
Sous l’apparence du chien perce un adage romain invitant à la modestie : Souviens-toi que tu peux être mortel…lement chiant.

Alors je rêve d’une apothéose. Oh, une rêverie bien scolaire, évidemment. Après avoir réussi l’écrit, être admis à l’oral. Bien loin des mauvaises langues, des langues de vipères,  je rêve qu’une Bouche à Miel se saisisse d’une de ces chroniques. Comme pour Moustaki, comme dans le théâtre grec d’Épidaure : voir les mots murmurés sur le net se métamorphoser en une parole qui se décuple, se déploie, se dégoupille par un phénomène d’acoustique citoyenne. L’avenir le dira…

Mais je rêve aussi sincèrement d’être relu. Certains m’ont trouvé relou, ampoulé et bons qu’à tacher des feuilles ; d’autres ont trouvé mes cartouches d’encre attachantes. Les textes restent en ligne. Restent-ils dignes d’être lus ? Le temps a passé et l’encre a mal séché ? L’avenir le dira…

Enfin j’ai le rêve d’une relève. Que quelqu’un, pour sortir de la vulgarité institutionnelle, relève lui aussi l’élégant. Hostile par le fond, à fond dans le style. Quelqu’un qui ne serait plus poisson dans le bocal, mais taureau dans le ring lexical. Décidément, bel idéal que de faire bouger les lignes en les chargeant de mots, d’uppercuts littéraires nantis d’une bonne gauche.

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.
L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre à L’Électeur indécis que vous lirez peut-être

                     À L’Électeur indécis

             C’est une copine à moi, Clélie, qui m’a dit qu’t’étais indécis.
Il parait que tu ne sais pas quoi faire le 6 mai ? Alors je me suis dit que j’allais t’aider.
Je fais comme ma copine Clélie. Elle, pour parler d’amour, imaginait une carte du Tendre (http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre). Comme dit mon copain, Boris : Aujourd’hui, c’est plus pareil. Ça change, ça change.” Pour te parler d’élections, je te propose donc une Carte électorale du Tendre-deux-Tours. Suis-moi.
Tout d’abord, je suppose que tu n’ignores pas qu’il y a trois grandes raisons de voter :
- une grande estime
- la reconnaissance
- une inclination
Selon la raison qui nous guide le chemin jusqu’à l’isoloir diffère.
Sur le modèle de ma copine Clélie, sur ma carte électorale j’ai donc représenté trois Villes du Tendre-deux-tours. Chacune de ces villes est bâtie le long d’une rivière qui porte pour nom les trois grandes raisons de voter que j’ai citées : Estime, Reconnaissance, Inclination.
Voici comment parvenir à chacune de ces trois villes :
- Tendre-deux-tours sur Inclination : le long de cette rivière Inclination il n’existe aucun village. La rivière va si si vite qu’aucun logement n’est nécessaire le long de ses rives. Cet électeur-là suit son GPS, un Gouvernement Parti Socialiste comme seule boussole.
- Tendre-deux-tours-sur-Estime : le long de cette rivière Estime il existe autant de villages qu’il y a de petites et de grandes paroles qui peuvent faire naître ce sentiment. On passe de Nouvelle Affinité à une localité appelée Grand Esprit, célèbre lieu de rencontres ; ensuite se trouvent les agréables villages de Jolis Verts et Peau Rouge. Puis, en progressant sur cette route, nous trouvons Sincérité, Grand Cœur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude et Bonté. Ce dernier village, Bonté, est tout proche de Tendre-deux-tours-sur-Estime. En effet il n’y a pas de véritable estime sans bonté. Vive la Fraternité.
- Tendre-deux-tours-sur-Reconnaissance : il faut aller de Nouvelle Affinité à Complaisance, ensuite à ce petit village qui se nomme Solution et qui en touche un autre fort agréable, qui s’appelle Petits Soins. Il faut passer par Assiduité, pour faire entendre que ce n’est pas assez d’avoir durant quelques mois de campagne électorale tous ces petits soins obligeants qui donnent tant de reconnaissance si on ne les a assidûment. Ensuite il faut passer à un autre village qui s’appelle Empressement. Après cela il faut passer à Grands Services Publics : un village qui ressemble à celui d’Astérix («Ils sont fous ces libéraux !»). Ensuite, il faut passer à Sensibilité, une zone destinée à sentir jusques aux plus petites douleurs des Quartiers. Pour arriver à Tendre-deux-tours, il faut passer par Mixité Sociale, car dans la coexistence, l’hétérogénéité, l’amitié attire l’amitié. Ensuite il faut aller à Constante Amitié, qui est sans doute le chemin le plus sûr pour arriver à Tendre-deux-tours-sur-Reconnaissance. Pour ma part c’est ce trajet que j’emprunterai.

Bien sûr tous les chemins ne mènent pas Rome ou à Amsterdam ! Tu peux passer par des villages aussi perdus que Négligence, Inégalité, Tiédeur, Légèreté, Oubli, Indiscrétion, Perfidie, Orgueil, Médisance, Méchanceté. Tu peux aussi, dimanche, aller à la pêche dans un Lac d’indifférence aux eaux faussement tranquilles ou décider de ne pas changer de capitaine de bateau et nous emmener sur une Mer Dangereuse.
En attendant le 6 mai, comme le chantait Georges Moustaki dans sa propre Carte du Tendre : «On part avec le coeur qui tremble/ Du bonheur de partir ensemble/Sans savoir ce qui nous attend/Ainsi commence le voyage/Semé d’écueils et de mirages»

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.

 L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre à celui qui doit dégager…la place que vous lirez peut-être

             À celui qui doit dégager…la place

        Plût à l’urne que vous dégageassiez dès le premier tour.
J’aurais voulu que vous prissiez une claque pourcentée. Hélas, «c’est là qu’est l’os». La Gauche, à mon goût, nous joua, ce soir-là, une énième rediff’ de La Grande Bredouille.
Malgré tout je vous souhaite pour nous De Funestes pourcents en ce soir du 6 mai.
Vite, j’aurais voulu que tu déChantâsses ta Jouanno…mais je te vouvoie, alors sachez qu’il se pourrait bien que vous vous étranglâssiez dès votre  premier Raff’rin. On la connaît la musique : changer de Raff’rin pour passer au Copplé ne sert à rien. J’eusse même préféré que les Choeurs de Cheminade parvinssent à 20 % plutôt que de vous entendre vociférer contre les étrangers dans l’entre deux tours.
Selon Michel Serres, que le candidat Cheminade se complut à citer, «Le choeur est le modèle réduit de la société idéale.» Nicolas, as-tu du cœur ? Hélas, dans votre société idéale, le coeur est un modèle réduit. Non, je ne pensais pas qu’un Président pût karchériser des cités ni même qu’il pût cancériser de prétendus assistés. Cette boule de «Pût» est bien indigne d’une fonction taillée non pas pour des fils de «pût» (à l’Epad) mais pour un peuple tout entier.
Vous eussiez voulu que les militants du Front de Gauche courussent à Moscou ou qu’ils mourussent d’apoplexie le couteau entre les dents devant l’écran, dimanche soir. Pour cela il eût fallu que ces gens n’aimassent pas les masses. Mais ils les aiment, eux, puisque beaucoup en sont issus. Entre les dents, point de couteau, mais vos tissus de mensonge déchiquetés. Dès le dimanche soir, ces hommes de gauche transformèrent en Référendum ce deuxième tour que vous vouLûtes Finale.
Il était important qu’ils fissent l’union face à cette fille blonde, affreuse Aphrodite sortie de l’écume de rage de son père. Et par là juste que vous ne vissiez personne qui souhaitât que vous restassiez.
Il se pourrait que le FN de base vînt à voter pour vous. Vînt ou plutôt 17,90…en effet, contrairement au propos raciste, le subjonctif imparfait se perd au FN.
Il serait contestable que les représentants politiques de tant d’exilés fiscaux continuassent à semer la discorde au sein du peuple. Il faut arrêter cette mauvaise série, de trente ans d’âge, intitulée L’homme qui valait 600 milliards d’évasion fiscale.
Fût-il malade, dût-il ramper jusqu’au bureau de vote, le 6 mai, à la Sainte Prudence, l’électeur qui cherche le bien de tous votera contre vous.
À moins que la mauvaise Fortune déferre les Grands Chevaux de mon Service Public, je tiendrai bon dans l’espoir qu’une bonne Justice vous défère au Parquet pour vos troubles affaires.
Parlant de votre ancien ministre Jean-Louis Borloo vous prononçâtes à la télévision une drôle de phrase. C’était en novembre 2010. En quelques secondes, jaillit de la conversation un subjonctif imparfait que nous ne nous attendions pas à voir surgir de lèvres moins chrysosthomes, que chrysanthèmes du Service Public. Vous regrettâtes : «J’aurais souhaité qu’il restât au gouvernement».
Mais peut-être que «non, non, non, non je n’ai pas utilisé de subjonctif imparfait».
Peu nous chaut que vous redoublassiez de dénégations. Elle désosse le mammouth après l’avoir dégraissé : mettons fin à cette logique comptable qui n’est jamais comptable de ses mots.
Quelques médias belges ou suisses pourraient bien être les premiers à annoncer votre départ. Rien d’inédit à ce qu’une voix de l’Étranger annonce notre Libération. Que voudriez-vous que ces médias fissent ? Attendre 20h alors qu’ils pouvaient avant tout le monde affirmer : «Le Président sortit à cinq heures».
Au soir du second tour, le dernier râle de l’urne vous laissera le loisir de vous trouver un vrai Travail.  Après tous vos propos sur les étrangers, les assistés et le Service Public, il serait juste que vous pussiez brocanter dans les nombreuses poubelles de l’Histoire.
J’ai un regret. Pourquoi personne parmi vos professeurs ne trouva les mots justes à dire à l’innocent enfant que vous fûtes : «Nicolas, il faudrait que tu étudiasses mieux. Crois-moi, tu t’épargneras les chaudasses qui rêvent de pouvoir et de carrosses pour te citrouilliser au soir du 6 mai.» Oui, rien ne garantit que Carla ne va pas sans L’Autre…

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.

 L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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L’Épistoléro fait une lettre au Bulletin et à l’Odeur que vous lirez peut-être

                   Au Bulletin et à l’Odeur,

      L’entre deux tours sent mauvais, il sent la boule puante. On pensait à un tête à tête, c’est plutôt le nez à nez qui se profile. Une atmosphère irrespirable, oppressante, à vous boucher le zen.
On a abandonné les meetings de plein air pour tomber dans le sale. S’il est normal que dans la majorité ça ne sente pas la rose, il n’est pas normal de prostituer ses idées en allant au put’ride. Visiblement peu importe de sentir mauvais…comme si mentir sauvait.
On enfourche les chevaux Pourcents mais on laisse traîner le crottin, façon Écuries d’Augias. Forcément, ça s’amoncèle. En plus, les chevaux Pourcents, quand ils font le trottoir, ils font des pets. Je fais pas de la politique, c’est une question de gaz intestinal. C’est mécanique quand on a des trépidations pendant qu’on mène une politique de baudruche.
On annonce la tenue d’un Vrai premier mai. Pour les lève-tôt et les Pue la sueur. Eh oui, les Travailler Plus et les Travailler Pue sont des électeurs ! Au secours : Mayday ! Mayday ! Mayday ! Comme sortie culturelle se murmure une visite au Nausée et à sa petite salle des horreurs. Tous les coups sont promis. Enfin surtout les mauvais. Et sur Internet la mouche à mail se frotte déjà les pattes à l’idée de ce qu’elle va lire et voir.
Le coq est sur son tas de rupins. Il supervise un espace de Schlings guns et ménage une petite ligne Odeur-Nice. Fumier n’est pas interdit, bien au contraire. Dans l’entre deux tours, les instituts annoncent des tendances : Tendance Pitt-Bull dans les actes, Tendance Bite-Boule dans les mots. Il faut expliquer aux petits citadins bien proprets qu’une campagne électorale suppose de la boue, de la bouse et des mains sales.
Dans cet entre deux tours on rentre sans parfum : c’est le Sauve qui pue. Dans ce saloon, ça louf ! Pas de Zazie pour s’étonner Doukipudonktan. Rince-doigt et Pince-Nez sont sur un bateau qui fait naufrage. Après les 100 ans du Titanic, on fête quasi les 100 jours du Costa Concordia. Pas de piano, pas de violoniste hongrois mais Kaputt et Crapaute terrés dans leur panier : prêts à surgir des urnes du second tour. Ça dégage. Y’a urgence, alors ça cocotte-minute. Les Narines frétillent. Sur les ruines de son quinquennat, L’autre fait le job : il fait sa bauge et il se couche. C’est le bouche-nez charcutier. Tout ça pour atteindre les sommets électoraux et dépasser les 50 %. Narine et la Nasa offrent la rampe de lancement.
Quant à l’électeur, dindon de la farce, il faisande. Va-t-il finir par crier ‘Tous pourris’ ? Comme l’empire romain, c’est grande odeur et crade danse. Avec en prime et, en Carlexandrins, la tirade des vers du nez en trois débats ?
Georges, ils sont devenus fous !
«Une écharde, un clou, c’est la fièvre qui monte
C’est un compte à bon compte, c’est un peu rien du tout» (Les Eaux de Mars, G.Moustaki)
Ce comportement choque les âmes bien nez. Ces âmes raffinées craignent que l’élection perde son sens. Enfin, surtout l’odorat. Mais à bien y réfléchir, ce pince-nez est un pense-bête : de la même manière qu’on pince son nez on glisse son bulletin dans l’urne pour faire le Pouah !

Je m’en remets au vote. Vivement dimanche !

Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.

 L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre

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