Aux électeurs qui passent le Brevet le 6 mai,
L’usage des calculatrices et des dictionnaires est interdit. Seul le bulletin de vote est autorisé.
Le sujet proposé est l’intégralité du débat Hollande-Sarkozy diffusé mercredi 2 mai de 21h à 23h50.
Partie 1 : Un débat de candidats ( / 10 %)
1° Lors du débat combien y avait-il de candidats ? Caractérisez-les sans employer de métaphores animales injurieuses.
Sarkozy se présente en tendre Agneau ; Hollande se présente en Élephant pugnace.
2° a) Combien y avait-il de journalistes ? Quels membres intellectuels ont-ils remués ? Prouvez-le au pire en vous appuyant sur des borborygmes pertinents.
Il y avait deux journalistes. Ils ont remué leurs stylos et leurs notes et grommelé «Bien !» et «Nous avons beaucoup de retard».
b) Soulignez l’objectivité de la table en vous appuyant sur ses dimensions et sur l’emplacement de ses coins.
La table était de taille à supporter le débat et comportait beaucoup de coins (à gauche, à droite, au centre, aux extrémités…). Elle a été très objective, même si elle a fini par pencher du côté de François Hollande.
3° «Berlusconi est Berlusconiesque» : Expliquez la formation du mot souligné sans révéler d’histoires salaces.
L’adjectif est formé du radical de droite Berlusconi et du suffixe -esque (et non pas de bunga-bunga).
4° Pourquoi Nicolas Sarkozy ne veut-il pas être l’élève de François Hollande ?
C’est une référence culturelle au duel de 1981 Giscard/Mitterrand. La répartie est plus adaptée à la situation qu’ «Ich bin ein Berliner». Étant donné que Nicolas Sarkozy a supprimé 60 000 postes dans l’E.N, c’est en réalité une formule très péjorative : un élève, c’est un esprit abandonné dans une forêt de compétences et une classe surchargée.
5° À que moment du débat est apparue une reductio ad Hitlerum (Point Godwin) ? Qui l’a faite ? Dans quelle intention ?
Dès le début Nicolas Sarkozy s’est indigné qu’un candidat socialiste, Axel Kahn, ait comparé le rassemblement de l’UMP du 1er mai «au congrès de Nuremberg». Il a ensuite aussi parlé d’Hitler. L’intention était de dénoncer des outrances verbales dont il n’a, lui, jamais été coutumier…
Partie 2 : L’offensif et L’offensant ( / 45%)
6° Avec quelle expression péjorative Nicolas Sarkozy a-t-il désigné François Hollande ? Indiquez ensuite son antonyme. Dans quelle autre expression péjorative le même adjectif revient-il ?
Il l’a traité de «petit calomniateur». Antonyme : Grand Oracle ou ‘Bien Dit !’. L’autre désignation s’apparente à une métonymie : «petit costume».
7° «Je le connaissais bien moins que vous». Dans cette phrase indiquez quelles sont les trois initiales qui, malgré la presse à scandale, se cachent derrière le pronom personnel souligné. Dans quelle allusion de la même eau que celle de la salle de bains du Sofitel peut-on le retrouver ?
Le pronom «le» désigne DSK. Nicolas Sarkozy, s’adressant à François Hollande, affirme : «Vous devez bien le connaître» ?
8° Lors de ce débat nous avons appris que Nicolas Sarkozy connaissait Ponce Pilate. Indiquez donc quel préfet il n’a pas nommé.
Tous les préfets de la Rome antique, à l’exception donc de Ponce Pilate.
9° Relevez le champ lexical des grands hôtels dans le discours de l’un et de l’autre.
Hôtel Bristol, Sofitel, Carlton, valises, FMI, Bétencourt, Diallo, Donateurs, DSK, Chef de Parti,…
10° De quelle manière Nicolas Sarkozy a-t-il conforté son statut d’esprit cultivé, d’homme de Lettres ?
Il a démontré qu’il savait lire en brandissant une lettre puis en allant jusqu’à en lire un passage en suivant la phrase du doigt.
11° En quoi l’expression «le fil à couper le beurre» est implicitement injurieuse ? Quelle est la figure style employée ?
Le fil à couper le beurre sert à couper des fromages mous. Or, «mou» est un adjectif employé pour railler le candidat socialiste ; sans parler du fromage de Hollande. Il s’agit donc d’un jeu de mots, recensé par l’almanach Vermot dans son édition de 1889.
12° Relevez le champ lexical du FN dans le discours de Nicolas Sarkozy.
musulmans, religion, islam, nationalité, identitaire, communautaire, vote des étrangers…
13° En vous appuyant sur vos réponses précédentes, indiquez qui a tenté d’abaisser le niveau du débat.
Nicolas Sarkozy a essayé de personnaliser le débat, de draguer l’électorat FN et de remuer les affaires sordides. Un manque de hauteur, un manque de recul qui ont pesé sur les échanges.
Partie 3 : L’approche du 6 mai ( / 45%)
14° Quelle anaphore a été utilisée par François Hollande ? Quelle antithèse introduit cette anaphore ? Pourquoi est-ce devenu le passage le plus célèbre du débat.
L’anaphore est «Moi, président de la République». Cette anaphore est introduite par l’antithèse : «un président qui ne veut pas être Président de tout, chef de tout et, en définitive, responsable de rien.»Ce passage est remarquable par la stature présidentielle que cela a dessinée soudain pour le candidat Hollande.
15° «Ne confondez pas votre personne avec la France» Quel est le mode employé ? Quelle est la forme de la phrase ? En quoi cette formule engage à voter pour François Hollande ?
Il s’agit du mode impératif et de la forme négative. Elle nous engage parce qu’il est impératif de voter Hollande et que le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut négatif.
16° Sachant que chaque candidat a parlé 72 mn 17, indiquez qui obtiendra 72%, qui obtiendra les 17% restants ? (N.B : le vote blanc n’est pas pris en compte)
D’après des calculs suisses et belges il semblerait que François Hollande dépassera très largement les 17% !
17° En quoi les horaires de piscine pèsent-ils sur l’avenir de la France ?
Tout dépend de qui se retrouvera en slip le 7 mai au matin.
Pour le reste la vie suit son cours et si possible sans bavarder, merci.
L’Épistolero aux Cartouches pleines d’encre