Dictionerfs – Inédit – Salle de shoot

SALLE DE SHOOT gr.n (ou LSD, La Salle de Dictées)

Lorsque le manque d’orthographe fait rage et que l’écume se fait jour, les spécialistes de la diction réunissent tous les jeunes en salle de shoot. La diction, ça les connaît : as de la syllabe articulée, certains sont même membres d’un mouvement Ponkt’.

C’est que les jeunes drogués ont besoin de textes classiques, de textes de belle facture pour éviter la contamination du SMS, du tweet et autres boborygmes de cour de récré – sans parler des jeunes polyconsommateurs.

Il est prouvé que pour oublier la consommation de la lucarne télévisuelle ou celle de Fifa Soccer, rien ne vaut la salle de shoot et une dictée sans sommation.

La salle de shoot est un dispositif courageux.

À l’heure où on dit que la note traumatise, où les mauvaises notes ne sont pas de bon ton, rares sont ceux qui considèrent encore l’existence de dictées comme relevant de la santé publique. La dépénalisation de la dictée, c’est leur combat !

La dictée a mauvaise presse et pourtant, dans ces salles de shoot, point de bonnet de toxicom’âne et point de piqués. Chaque élève est respecté dans son hétérogénéité orthographique. L’un met des -s aux noms au singulier, l’autre met -ent à la fin des noms au pluriel. C’est comme ça.

En fait les patients de  cette salle de shoot ne sont pas ceux que l’on croit.

Les plus malades sont des fonctionerfs qui serinent leur savoir pendant que les élèves grimacent et singectent.

Pour finir chaque fonctionerfs désapprend ce qu’il sait par la fréquentation de grossières erreurs, par la fréquentation de ce qu’il ne veut pas savoir (cf sa fameuse répartie aux élèves : «Je ne veux pas savoir !»).

Oui, la dictée peut avoir des effets psychotropes : le prof se met en pétard.

Le voilà Cyrano de Berk ! et Rage, devant ses copies il tirade sur son pétard :

«À la fin de la pile, je m’shoot !».

En dehors de ces inédits Le Dictionerfs existe en livre et en librairies (partout en France ; à Grenoble : à La Librairie du Square, à La Dérive, à La Fnac)

Dictionerfs (du collège commun et des colères universelles de l’Éducation (dite) nationale, de la mixité sociale et scolaire, des élèves, des parents et des profs), éditions La Ville Brûle, septembre 2012

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2 commentaires pour Dictionerfs – Inédit – Salle de shoot

  1. Vous devriez engager Stéphane Degroodt.
    Ce s’rait mieux, non ?

  2. Ping : Dictionerfs inédits – Best-Nerfs-Of | collectiflessaules

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