Dictionerfs – Inédit – Dictée à l’adulte

DICTÉE À L’ADULTE, Mon truc en plume (Sur le mur des concepts pédagogiques)

C’est une innovation pédagogique, déjà souvent expérimentée en primaire, qui permet de faire produire à un élève ce qu’il ne peut encore graphier tout seul. L’élève dit son texte et le professeur l’écrit. C’est de ce concept que vient l’adage pédagogique : «Tant qu’elle est graphiée, la situation n’est pas désespérée»

Pourquoi ne pas appliquer ce concept en collège ?

Lors d’une dictée à l’adulte, voici ce à quoi l’élève devrait veiller :

L’élève doit parler fort. L’enseignant est souvent sourd, faute d’avoir pu supporter les décibels des cages d’escaliers, des couloirs, des classes surchargées ou des cours de fin de journée. Cette incapacité regrettable est à l’origine de l’expression ‘sourd comme un prof’ qui a supplanté, par déformation orale, l’expression ‘sourd comme un pot’.

L’élève doit veiller à ce que son enseignant écrive lisiblement. Dans le cas contraire, l’élève est en droit de se sentir trahi. La réaction du jeune auteur peut être variée : avoir des larmes aux yeux, se rouler par terre, contacter un Inspecteur, voire organiser une marche jusqu’à l’inspection académique. La réaction est à définir selon le caractère de son professeur, selon qu’il est lâche ou coriace. Si le texte de l’élève a la valeur d’un tweet, l’auteur est même désormais en droit de faire un procès à son professeur pour avoir dénaturé sa pensée sur le réseau social et l’avoir ridiculisé devant des milliards de personnes (voir le service juridique en charge des réseaux sociaux).

L’élève doit articuler distinctement, adopter le débit adéquat. C’est que le professeur, hélas, maîtrise mal la langue des jeunes. Il reste bêtement attaché, arc-bouté même, à une langue classique qui n’apparaît que dans les textes d’avant-guerre (avant mai 68, parfois même avant 39-45…oui, du XXème siècle !). Les recrutements actuels devraient remédier à ce fossé inadmissible. Le débit de l’écrit est si beau, qu’il serait très laid qu’il soit gâché par des professeurs archaïques.

L’élève doit résister aux exigences du professeur. Il ne doit pas perdre le fil de sa pensée, or un professeur non seulement a tendance à vouloir enrichir le vocabulaire des jeunes mais aussi se refuse à tout accepter, à tout écrire. Pauvre orgueilleux qui a insuffisamment conscience qu’il se doit d’être une main et des oreilles, rien de plus. La souplesse de l’enseignant, c’est aussi le port d’une tenue de réception de texte convenable : costume pour les hommes, robe pour les femmes.

En somme, le professeur doit accepter qu’écrire ce n’est qu’inscrire du texte sur un support. Avec cette évidence, on coupe court aux discours extrémistes de fonctionerfs qui croient voir, dans la pratique pédagogique de la dictée à l’adulte, la propagation de d’illetrisme chez les enseignants.

En dehors de ces inédits  Le Dictionerfs existe en livre et en librairies.

Dictionerfs (du collège commun et des colères universelles de l’Éducation (dite) nationale, de la mixité sociale et scolaire, des élèves, des parents et des profs), éditions La Ville Brûle, septembre 2012

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