Dictionerfs – Inédit – Cellule de crise

CELLULE DE CRISE, Vous tombez sur la Case Crise, vous ne passez pas votre tour (Contrairement au pape, un P.P ne peut démissionner)

Au contraire de la Cantine, certaines classes insupportables donnent envie de se mettre autour de la table. Ensuite, les profs se plaignent en plénière (là, c’est comme à la Cantine).

Une classe est insupportable lorsque s’y multiplient les élèves persuadés que Réflexion rime avec Prison. Ces élèves associent la cellule grise à un cachot. Sur leur mur, il ne cesse de tirer des traits sur leur scolarité.
Ils n’ont même plus l’excuse de la jeunesse. Ces collégiens ne sont plus des chrysalides ! Ils sont en Quatrième et ont fait péter le Cocon familial. Ils n’ont rien de phasmes lymphatiques, ils ont la crise d’ado brutale.
Avec tout le gras qu’il déploie dans leur quotidien scolaire, il faut bien plus qu’une cellule light. Leur muscler les fessiers, bien que tentant, pourrait passer pour un manque de professionnalisme. En plus, il faut être bien assuré.

Si l’habit fait le moine, la cellule aussi (après tout certains ont déjà le capuchon – enfin les jours sans casquette).

Lorsque la Vie de la Classe ne ressemble plus à rien, que le Pape a démissionné et que Dieu est on ne sait où (toujours occupé, on sait !)…Que faire ? Même l’égalité des chances a rendu l’âme.
Reste le numéro complémentaire, en l’occurrence : Rentrer dans les ordres.

La solution c’est la structure close, sans échappatoire. En langue latine on dit que le Cisterciensis prend le pas sur le Circenses (avec double panem à la cantine !) Prendre cette voie, c’est savoir éviter l’écueil de l’Abbaye aux Corneilles, conception monastique trop libertarienne en Quatrième. Le «Fais ce que voudras» a ses limites.

Le seul salut c’est Le Monastère laïc (monastère, mot qui vient de la contraction pédagogique des mots Menace et Taire). Voilà peut-être la Refondation de l’École que le battement d’aile du Pape Peillon nous signale.
Chaque élève doit rentrer dans sa demeure individuelle. Après le fort extérieur qui a fatigué tout le monde (communément appelé vacarme ou brouhaha), il est temps de s’occuper du for intérieur de chacun.

Après tout le socle commun n’emprunte-t-il pas à l’ordre des Chartreux son «Stat Crux dum volvitur orbis» (la croix demeure tandis qu’on tourne les pages du LPC) ?

La cellule de crise façon Chartreux s’énoncerait ainsi :
– jeunes en permanence (quand le cours est trop riche pour leur pauvre appétit)
– vœu de silence
– l’abstinence complète de viande (la cantine se charge d’effrayer les plus audacieux)

Le Laïc n’oublie pas que c’est dans les vieux chaudrons monastiques que l’on fait la meilleure cellule de crise.

En dehors de ces inédits  Le Dictionerfs existe en livre et en librairies (partout en France ; à Grenoble : à La Librairie du Square, à La Dérive, à La Fnac)

Dictionerfs (du collège commun et des colères universelles de l’Éducation (dite) nationale, de la mixité sociale et scolaire, des élèves, des parents et des profs), éditions La Ville Brûle, septembre 2012

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4 commentaires pour Dictionerfs – Inédit – Cellule de crise

  1. Joachim dit :

    La Deffence, et illustration de la langue françoyse.
    Airions-nous oublié les leçons de l’ordonnance de Villers-Cotterêts ? La langue française serait-elle redevenue « vulgaire et barbare »? « péter le cocon », ça me parle. « muscler les fessiers », je comprends.
    « le Cisterciensis prend le pas sur le Circenses (avec double panem à la cantine) ! » m’angoisse.
    «Stat Crux dum volvitur orbis» ferait de moi un tortionnaire tellement j’enrage.
    « l’abstinence complète de viande (la cantine se charge d’effrayer les plus audacieux » m’apaise ; là, je comprends surtout que Simplex ex simplici cause valetudo ; multos morbos supplicia luxuriae, multa fercula fecerunt.
    C’est clair, non ?

    • lessaules dit :

      « Simplex ex simplici cause valetudo ; multos morbos supplicia luxuriae, multa fercula fecerunt. »
      J’éclaircis, à votre demande :
      « La maladie était simple comme sa cause : la multiplicité des mets a produit la multiplicité des maladies »
      Sénèque, lettre XCV, traduction M. CHARPENTIER – M. LEMAISTRE

      • Joachim dit :

        J’ai bien reçu votre traduction. C’est moins clair que je ne le pensais. Je comprends pourquoi Du Bellay, dans « La Deffence… » exclut les traductions, parce que propres à toutes les approximations.
        Sénèque est cité par Charron, « De la Sagesse »
        Traduction proposée :
        « Une nourriture très simple conserve et ranime la santé. La multiplicité des mets produit une multiplicité de maladies, supplices de l’intempérance. »
        Bien à vous.

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