Dictionerfs – Inédit – Le vrai bœuf blanc

VRAI BOEUF BLANC, à l’école du Brevet Blanc (en lutte contre le «bœuf en daube» et les «pauvres cornes»)

Le vrai bœuf blanc descend du taureau blanc de Crète cher à Poséidon, un dieu dont le trident est devenu très tendance dans les agences d’Interim. Pas de doute la crise fait rage et chômage : les dieux ont quitté les hommes et les mythiques Olympiens ont été remplacés par de Grands Patrons.
L’ordinaire du bœuf, de la bête à exams des collèges, est le suivant : devoir commun, socle commun, charrue ; on coche, on beef et on ne fait rien qu’à abreuver des sillons à bœufs.

Le vrai bœuf blanc, lui, est un enfant de labour qui ignore la charrue du socle. Son pelage immaculé n’est pas fait pour ça.
Il ne s’agit pas d’un bœuf qu’on rend bête, encore moins du Far West de quelque bœuf falot débile : il y a des cirques pour cela.
Cette école du citoyen le vrai bœuf blanc la voit comme un sanctuaire, pas comme un abattoir.

Bœuf oui, ma non troupeau.

La preuve, on ne lui tond pas la laine qu’il a sur le dos : il n’en a pas ; on ne lui prend pas son lait : il n’en donne pas. Non, des fonctionerfs soignent ses cornes citoyennes, symboles de la Défense du Service Public. On les rend perçantes, pointues, aiguisées.
En fait, le vrai bœuf blanc, c’est le stade qui précède de peu le Thoreau par les cornes : ado pré-Thoreau.

Quel renouveau ! Quelle movida du bovidé ! L’élève doit réussir à se dépaître de l’air ambiant, du vent qui décorne.

Ce mouvement généreux et spontané l’élève le fait pour lui et pour son collège.

Il sait que de mauvais résultats au Brevet, c’est une réputation qu’on écorne.

Il veut que l’on sache que son Collège a su faire d’une génération olé olé une génération auréolée.

Il souhaite que son nom s’inscrive sur le fronton d’un collège audacieux qui refuse un fond de teint pédagogique servi par des évaluations démagogiques et complaisantes.

Le Vrai Bœuf blanc n’est pas un Veau d’or.

Hélas, les pourcentages des élèves pourtant sages ne comblent pas suffisamment vite le mal fait par une mauvaise et injuste réputation.

Le taux d’évitement est une corrida épuisante.

En fin de troisième, c’est le corps vidé que les fonctionerfs voient s’éloigner leurs bovidés préférés, leurs chers têtes bœufs, leurs vrais bœufs blancs, dignes enfants du taureau de Crète de Poséidon.

La force de ces fonctionerfs c’est d’abord ce spectacle qui les rend fiers puis l’espoir que la fonte des classes ne finisse pas en cornet-chocolat.

En dehors de ces inédits Le Dictionerfs existe en livre et en librairies (partout en France ! ; à Grenoble : à La Librairie du Square, à La Dérive, à La Fnac)

Dictionerfs (du collège commun et des colères universelles de l’Éducation (dite) nationale, de la mixité sociale et scolaire, des élèves, des parents et des profs), éditions La Ville Brûle, septembre 2012

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